TROUBLE DE L’ATTACHEMENT – TSPT-C

! Je traite des patients souffrant de TSPT-C et de trouble de l’attachement mais je ne suis pas les patients souffrant de TDI (Trouble Dissociatif de l’Identité). Je vous laisse voir avec mes collègues spécialisés en psychotraumatologie et en troubles dissociatifs. Merci de votre compréhension.

Pourquoi cette expérience est-elle si importante ?

L’expérience du « Still Face » (visage figé) de Tronick montre à quel point un nourrisson est orienté vers la relation avec son parent. Dès les premiers mois de vie, le bébé recherche le regard, les expressions du visage, la voix et les réponses de l’adulte (figure d’attachement principal) pour se sentir en sécurité et réguler ses émotions.

Lorsque le parent répond de manière chaleureuse et adaptée aux signaux de son enfant, un véritable dialogue émotionnel s’installe. Ce processus, appelé accordage, permet au bébé de développer progressivement un sentiment de sécurité intérieure et de construire un attachement sécurisant.

À l’inverse, lorsque les réponses du ou des parents sont fréquemment absentes, incohérentes, imprévisibles, intrusives ou effrayantes – parfois parce qu’eux-mêmes traversent des difficultés importantes ou portent leurs propres blessures traumatiques –, l’enfant peut éprouver des difficultés à développer ce sentiment de sécurité. Si ces expériences se répètent dans le temps, elles peuvent contribuer à l’installation d’un trouble de l’attachement.

Chez certains enfants, ces difficultés précoces peuvent avoir des répercussions durables sur la régulation des émotions, l’image de soi, la confiance envers les autres et la qualité des relations à l’âge adulte. Elles constituent également un facteur de vulnérabilité au développement d’un traumatisme complexe (TSPT-C), en particulier lorsque s’y ajoutent des expériences répétées de négligence, de maltraitance ou d’insécurité.

Il est important de souligner qu’aucun parent n’est parfaitement accordé à son enfant en permanence. Ce qui favorise un développement harmonieux n’est pas la perfection, mais une relation dans laquelle les moments de désaccordage sont suffisamment rares et peuvent être suivis de retrouvailles, de réparation et d’un retour au lien.

En conclusion, l’un des messages centraux des travaux de Edward Tronick : ce n’est pas l’absence de désaccordage qui compte, mais la capacité à réparer la relation après ces moments de rupture.

Dans le suivi des patients souffrant de psychotraumatisme complexe (TSPT-C) et/ou de trouble de l’attachement, il m’est apparu évident de m’intéresser à la thérapie sensori-motrice de Pat Ogden et dont parle avec beaucoup de clarté Janina Fisher.

Toutes les deux, américaines, sont des psychotraumatologues de grande expérience et formatrices.

Je vous recommande ces livres.

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L’héritage vivant du trauma de Janina Fisher.

Ce livre a été écrit pour les psychothérapeutes

mais aussi pour les patients, qui veulent enfin comprendre pourquoi, bien des années voire des décennies après les abus, maltraitances et/ou négligences, ils souffrent toujours de différents symptômes, comme les souvenirs intrusifs (flash-backs), troubles du sommeil, trouble de la régulation émotionnelle, vision négative de soi (honte, haine de soi, méfiance envers les autres), trouble relationnel …

Pour ceux qui s’intéressent à la Dissociation structurelle de la personnalité liée au psychotraumatisme, je vous recommande ce livre technique mais très éclairant de Janina Fisher.

Pour ceux qui s’intéresse, à la thérapie sensori-motrice, il y a ce livre de Pat Ogden, fondatrice de la thérapie.

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Et pour ceux qui lisent en anglais et veulent en savoir encore plus, il y a ce livre, Sensorimotor psychotherapy – Interventions for trauma and attachment, que je commence à lire, de Pat Ogden et Janina Fisher.

L’erreur communément faite par les patients est de croire que « tout raconter en détail » va permettre la guérison. La thérapie par la parole, en se calquant sur le modèle psychanalytique n’est pas suffisante. Oui, bien sûr il y a besoin d’informations sur l’histoire de vie de la personne. Mais on sent bien que quelque chose se passe dans la relation thérapeutique. Savoir reconnaître ce qui se passe dans cette dyade, être curieux de ce qui se passe par delà les mots amène sur le chemin de la guérison.
C’est l’impact inconscient et non verbal du thérapeute et du patient l’un sur l’autre, y compris de l’influence des histoires du passé des deux personnes, qui catalyse souvent le véritable pouvoir de guérison du travail thérapeutique.

Oui, il y a une connexion de cerveau à cerveau mais finalement nous allons plus chercher à faire une connexion hémisphère droit à hémisphère droit.

Cet hémisphère est plus intuitif, plus en contact avec les émotions, en lien plus direct avec ce qui se passe dans notre corps : ses ressentis, sa posture, son mouvement et /ou ses impulsions de mouvement.

Et là, la vidéo de l’expérience de Tronick prend tout son sens : nous recherchons à travers le corps comment se sont constitués les expériences de vie.

Bien sûr en partant de ce qui dans l’instant présent, vous gêne ou vous fait souffrir.

La thérapie relationnelle axée sur l’attachement est un processus de guérison, non parce que les thérapeutes « traitent les traumatismes et l’attachement », mais parce qu’elle aide à restaurer la croyance en l’existence de relations humaines durables.